En France et en Europe, luttons contre l’obsession raciste

Communiqué de presse FASTI – le 12 juin 2026

C’est fait, l’Union européenne a trouvé la solution à la “crise des migrants”, la chimère qu’elle agite depuis plus de 10 ans. Dans un climat politique obsédé par l’immigration, droite et extrême-droite européennes, avec le soutien des “libéraux”, se félicitent de l’entrée en vigueur du “Pacte asile et migration” ce 12 juin et de l’arrivée prochaine d’un “règlement retour”.
Dans les discours, le vieux continent se positionne contre la brutalité de l’administration Trump. Dans les actes, l’Union s’apprête, elle aussi, à fliquer et enfermer massivement les exilé·es.

En deux mots, ces textes visent à :

  • surveiller et ficher massivement les personnes étrangères, pour permettre des perquisitions et des arrestations comme celles menées par l’ICE aux Etats-Unis
  • restreindre le droit d’asile en examinant les demandes plus vite et aux frontières de l’UE.
  • légaliser et généraliser l’enfermement des arrivant·es aux hotspots, c’est-à-dire dans des camps ou des prisons aux frontières
  • déporter et enfermer les personnes expulsées dans des pays extérieurs à l’Europe, pour une durée maximale de deux ans, y compris des familles avec enfants
  • entretenir l’impérialisme européen en faisant sous-traiter ses politiques migratoires par des États du Sud global, en échange d’avantages financiers, commerciaux, diplomatiques

Où est la parole des personnes concernées ?

Dans ce contexte de violence et de stigmatisation des exilé·es, où est la parole des personnes concernées ? Dans le débat public, le journalisme de préfecture et la complaisance avec les racistes font loi. “Remigration” et “grand remplacement” ne sont plus des gros mots. Le sénat vote pour doubler le temps d’enfermement des étrangers dits dangereux. L’administration et la justice se plient aux ordres d’un État génocidaire pour poursuivre et incarcérer Ali, un réfugié que la France était censée protéger. Dans les cuisines des partis politiques, on se lèche les babines en pensant à la sauce à laquelle on va manger l’immigré : ennemi de l’intérieur, unité productive ou faire-valoir anti-raciste.

Pendant que les patrons, la police et les politiques se gavent sur leur dos, les personnes étrangères luttent pour leurs droits. Elles ne courbent pas l’échine et s’organisent, malgré des conditions de vie rendues de plus en plus difficiles. Les titres de séjours sont refusés, même après des années de renouvellement. Les OQTF pleuvent et les conditions exigées par les préfectures sont de plus en plus opaques et difficiles à suivre. Les centres d’hébergement ferment, les jeunes isolé·es et les familles sont mis·es à la rue. La jeunesse héritière de l’immigration est réprimée et enfermée. Les contrôles, les rafles et les intimidations policières se poursuivent. Dans le quartier du siège de la Fasti, à Paris, cela fait cinq mois que El Hacen Diarra, habitant du foyer des Mûriers et sans-papiers, a perdu la vie au commissariat.

Faire front

Malgré toute cette violence, n’en déplaise aux fascistes et à leurs allié·es, les quartiers répondent par la solidarité. Les collectifs antifascistes et anti-racistes se montent un peu partout, les initiatives pour les familles victimes de violences policières se multiplient. Au sein de la Fédération, de nouvelles associations de solidarité avec tous·tes les immigré·es voient le jour comme à Lamballe, dernière arrivée de notre mouvement.

Comme en 1871 face aux Versaillais, en 1940 pendant l’occupation, en 2005 et en 2023 après les meurtres policiers, en 2025 lors des rafles de Retailleau, nos communautés sauront tenir la ligne face aux prochaines offensives racistes. Continuons d’organiser la solidarité dans nos quartiers, lieux de travail et événements. Portons haut la voix des personnes visées par le racisme d’État. Comme à Minneapolis, c’est en maintenant des liens forts que nous ferons mentir celles et ceux qui voient déjà les utopies d’extrême-droite se réaliser.

Dans les manifestations, la rue, le débat public, c’est à nous d’imposer nos idées et nos slogans. Le 12 et le 21 juin, soyons nombreux·ses à exiger la liberté de circulation et d’installation, des papiers, des logements et l’éducation pour toutes et tous.

Pour en savoir plus et nous rejoindre, contactez-nous.

https://www.fasti.org/En-France-et-en-Europe-luttons-contre-l-obsession-raciste